mercredi 15 février 2012

Frankie!

Il vous est arrivé un truc terrible !

Vous avez passé plus de deux heures à rire, à frémir, à vibrer devant une histoire géniale desservie par des acteurs incroyables… et ce n’était même pas un film. Non, vous avez vu une comédie musicale, et quelle comédie musicale !
Un spectacle digne de Broadway ou du West End londonien, un grand moment de musique et de danse, une merveille de mise en scène et d’interprétation. Une pièce qui ne se prend pas au sérieux, et dont le second, voire le millième degré vous a enchantée.

Mais nous sommes en France, nom de Zeus ! Cela est-il encore possible dans la patrie des Kamel Ouali et autre Pascaux Obispo ? *

Eh bien oui. Bien entendu, ce n’est pas surmédiatisé, pour ne pas dire qu’il n’y a pratiquement aucune publicité – vous en avez entendu parler par un ami. Et, bien entendu, cela ne se passe pas au Palais des Congrès ou autre salle familiale géante. Et c’est tant mieux.
Vous souhaitez beaucoup, beaucoup de succès à la troupe, parce qu’ils le méritent. Mais vous êtes, quelque part, heureuse que les murs du métro ne soient pas couverts d’affiches promotionnelles, et que les comédiens ne passent pas chaque soir sur un plateau télé différent – c’est un peu comme si vous aviez découvert un merveilleux petit restaurant et que vous ne vouliez pas qu’on l’envahisse et qu’il soit dénaturé. Vous voulez y envoyer vos amis, votre famille, vous souhaitez à tout le monde la fantastique sensation de bonheur que vous avez ressentie et, paradoxalement, vous n’aimeriez pas que toute la capitale s’approprie ce spectacle. C’est bête, hein ? Vous avez la délicieuse sensation de faire partie du petit cercle de privilégiés ayant eu la chance de découvrir cette perle avant la fin des représentations, dans l’intimité d’un petit théâtre parisien, et cela ajoute encore à votre enthousiasme.

Mais assez d’égoïsme – passons aux choses sérieuses.

Le spectacle en question s’appelle « Frankenstein Junior », et c’est une adaptation du Musical américain qui se joue à Broadway depuis quelques années, lui-même adapté du film de Mel Brooks. Ca se joue au théâtre Dejazet, pas loin du McDonald’s République où vous avez poussé la chansonnette en sortant (que voulez-vous, c’est VRAIMENT entraînant).
De Mel Brooks, vous ne connaissiez que « Les Producteurs » - vous chantonnez d’ailleurs souvent le très drôle « Springtiiiiime for Hitler and Germaaaaany », ce qui est par ailleurs assez inconvenant, hors contexte, si vous n’êtes pas chez vous. Bref.
Vous n’en attendiez pas grand-chose, pour être honnête – un bon moment, sans plus. Après tout, on est en France, vous avez appris à vous méfier. Comme quoi c’est mal, d’être pleine de préjugés. Vilaine fille que vous êtes.

Dès la première chanson, vous avez compris que ça allait être bien. Le parolier a fait un travail d’enfer, parce que le français ne vous a pas dérangée le moins du monde ; c’est bourré de jeux de mots très drôles, d’allusions rigolotes, et rien n’est niais. La musique d’origine étant déjà géniale, ce fut un régal. On ne perd jamais le rythme, c’est une merveille de timing, un vrai cartoon animé ; les gestes, les regards, tout est pensé en fonction de la musique, et ça ne s’arrête jamais.
Les acteurs sont exceptionnels – vous allez encore être mauvaise langue mais vous ne pensiez vraiment pas que l’on pouvait trouver de tels talents à Paris. De vrais performers à l’américaine, polyvalents, qui dansent, chantent et joue à la perfection. Et ils ne se contentent pas de chanter juste, ils ont des VOIX ! Vous avez envie d’engager illico tous les acteurs pour votre prochain court-métrage.
Le héros, descendant de la lignée des Frankenstein, est entouré de trois rôles comiques absolument hilarants (une assistante blonde énamourée, un valet bossu et une gouvernante austère) ; pour vous, une bonne histoire repose sur les seconds rôles, et ceux là ont justement tout compris. Mais la véritable réussite est d’avoir également réussi le rôle principal ! C’est bien connu, trois fois sur quatre, les héros sont gonflants. Déjà toute petite, vous détestiez Docteur Quinn. Et maintenant, vous préférez Simon Pegg à Tom Cruise dans Mission Impossible – bon, d’accord, l’exemple est nul, tout le monde déteste Tom Cruise. Peu importe ; ce que vous essayez de dire, c’est que le Docteur Frankenstein est dé-li-cieux. Il ressemble à Victor dans « Les noces funèbres », et il est juste parfait – encore une fois, un vrai cartoon vivant. Les mimiques, le jeu chronométré, nom de Zeus, ce type était fait pour la comédie. Il faut dire que le personnage est une merveille d’écriture, mais quand même… une réussite, vous ne voyez pas d’autres mots.

Ce spectacle vous a embarquée comme un bon film ne l’avait pas fait depuis longtemps, et vous a collé la patate pour au moins une semaine. Vous aimeriez savoir chanter et faire des claquettes. Vous aimeriez que la vie soit une comédie musicale.

Une, deux !
Je n’ai pas de travail, le cinéma ne m’aime plus,
Mais ce n’est pas grave, car on chante dans la ruuuue !

Bon, OK, faut encore bosser dessus. Mais vous pétez le feu !

Ce blog n’a pas été créé dans le but d’y faire des critiques ou d’y promouvoir des choses, mais vous teniez à parler de Frankenstein pour une raison toute simple : ce spectacle vous a offert ce que vous ne trouviez plus au cinéma. Ou, du moins, trop rarement.
Un public respectueux, attentif, réactif (dans le bon sens du terme). Pas de téléphone portable allumé et d’insupportable lumière qui attire l’œil. Pas d’abrutis dégénérés qui parlent pendant la séance. Pas de pop-corn. Juste des gens qui savourent.
Des comédiens d’une gentillesse et d’une humilité rares, sincèrement touchés de recevoir des compliments. Quelque chose qui se perd, même dans le court-métrage…
Un spectacle de qualité, créatif, où l’on sent que tout le monde aime ce qu’il fait et prend son pied. Vous aviez oublié ce que c’était, à force de côtoyer des vautours.

Vous aimeriez les remercier, en fait. Tout d’abord parce qu’ils vous ont prouvé que les Français ne sont pas tous nuls, arrogants et ennuyeux, et qu’on peut faire aussi bien, voire mieux, que les anglo-saxons. Il suffit d’essayer… et d’aimer ce que l’on fait !
Ensuite, parce que vous êtes gonflée à bloc – vous avez des envies de mise en scène comme jamais, et vous voulez définitivement vous frotter à la comédie musicale un jour.
Et enfin, parce qu’ils vous ont tout simplement remonté le moral. Parce que vous souriez bêtement en repensant au spectacle, et que vous êtes de bonne humeur pour des jours et des jours.
Et ça devrait arriver plus souvent !




* Un Pascal, des Pascaux. Non ?

mardi 14 février 2012

Boulette Girl.

C’est le cœur léger que vous écrivez ce message… Enfin, léger mais pas trop.

Léger parce qu’il s’avère que vous avez réussi à approcher le Maître après la master-class, et que vous avez même obtenu un autographe – qui est déjà sous verre dans un cadre en forme de clap, cela va de soi.
Mais pas trop parce que, fidèle à vous-même, vous avez trouvé le moyen de gaffer…

Cela méritait bien un billet !

Lundi neuf janvier de l’an de grâce deux mille douze, donc. Vous descendez du métro à la station Bercy et approchez lentement de la Cinémathèque. Bon, à vrai dire, vous étiez dans un état de stress et de désespoir total, et vous marchiez très vite – la scène se passe simplement au ralenti quand vous y repensez.
Bref. Vous apercevez un tapis rouge, une voiture de la télé, et quelques dizaines de personnes qui attendent déjà. Ouf – au moins, vous ne serez pas coincée au vingtième rang derrière cinq cent personnes… Vous approchez, l’air de rien, et allez vous accouder nonchalamment derrière la barrière, le long du tapis.
Catastrophe – il semble que vous soyez la plus vieille… Vous avez même plutôt l’impression d’attendre un boys band, c’est à n’y rien comprendre ! Vos voisines de barrière (seize et vingt ans… magnifique) entament la discussion avec vous.
Voisine numéro un : jolie petite demoiselle de seize ans serrant fébrilement dans ses bras un DVD de « E.T. ». Elle parle effectivement de Steven Spielberg comme s’il s’agissait d’un boys band, mais c’est assez mignon, au final. Elle est en section audiovisuelle mais ne sait pas si elle veut entamer une carrière dans le cinéma ; pour être honnête, vous avez un peu peur parce qu’elle fait plus «fan hystérique» que «admiratrice qui veut parler posément comme une professionnelle». Mais ne critiquons point, elle a été très gentille avec la vieille personne que vous êtes.
Voisine numéro deux : adorable petite étudiante de vingt ans, qui passait par là par hasard et a décidé de rester quand elle a vu l’invité du jour. Dieu merci, elle vous parle des fans qui font peur et fait front avec vous contre les hystériques bizarres et autres adolescents déguisés en Indiana Jones. Tout de même, vous n’êtes pas rassurée.

Vous décidez de vous lancer dans une étude sociologique et demandez donc à vos voisines comment elles ont connu le Maître – elles sont quand même nées après «Jurassic Park»… Réponse unanime : tout a commencé à force de voir «E.T.» à la télé quand elles étaient petites. C’est mignon, ça vous touche – on est tous un peu pareils, finalement. Même si vous vous imaginiez qu’elles avaient du découvrir Spielberg avec des films plus récents – mais en y réfléchissant, ça impliquait qu’elles aient vu « Il faut sauver le soldat Ryan » en étant toutes petites, et elles n’avaient pas l’air d’avoir des problèmes psychologiques majeurs.

Après une attente interminable et la quasi perte de vos doigts de pied, ça y est – il se passe quelque chose. Kathleen Kennedy arrive, signe des autographes. Puis Costa-Gavras, Niels Arestrup (tout le monde s’en contrefiche, c’en est presque gênant)… Puis Il arrive.
Alors là, tous vos rêves s’effondrent, parce que vous vouliez lui serrer la main en lui disant quelques mots, et c’est râpé ; tout le monde crie et se monte dessus, et tout ce qu’il peut faire, c’est signer des autographes à la chaîne.
Votre côté sadique jubile, parce que des types qui ont assisté à la master-class sont en train de vous escalader (littéralement) pour tendre un malheureux t-shirt à signer. Rien de sexuel – vous êtes contente parce que ceux qui ont assisté à l’interview n’ont rien pu obtenir et sont désormais obligés de s’aligner derrière vous, HA !

Il approche… Votre voisine de seize ans tend son DVD, il le signe ; elle lui demande si elle peut prendre une photo avec lui, et il lui répond que non, trop compliqué, pas possible, désolé… Il arrive vers vous. Puisque ni poignée de main ni discussion ne sont possibles, vous tendez votre carnet de notes ; tant qu’à faire, autant avoir un autographe en souvenir… Il signe, et là… là…

Là, c’est là où vous avez merdé. Vous n’arrêtez pas d’y repenser. Ca fait un mois que vous en êtes malade. Depuis, vous rêvez que vous rencontrez Spielberg pratiquement toutes les nuits, et que vous rattrapez le coup (véridique… je sais, c’est grave). Et le pire, c’est que votre petit-ami a filmé la scène. Super. Vous pourrez vous repasser ça en rigolant quand vous fêterez votre Oscar avec Tonton Steven, en deux mille quelque chose. Ha, ha, ha.

Vous lui dites « Merci Monsieur. J’espère qu’un jour, je ferai un film avec vous ». Enfin, ça, c’est que vous vouliez dire. Parce que sous le coup de l’émotion, vous ne savez pas pourquoi, vous lui dites « Thank you Sir. I hope I’ll make a PICTURE with you someday ».
A picture. UNE PHOTO. Non mais quelle idiote, quelle teubée, quelle abrutie, quelle dégénérée du bulbe. Une photo. Comme une petite fan hystérique. Une photo. Vous êtes vraiment une quiche, vous coiffez toutes les Bridget Jones du monde au poteau. Une photo. Photo, photo, photo.
Le pire, c’est qu’il sourit et vous répond « Maybe, someday ! ». Gnnnnnn. Depuis, ça cogite sec, là dedans. Vous avez retourné le problème dans tous les sens. Sachant que l’on dit « take a picture » et non pas « make a picture », a-t-il compris ? L’a-t-il pris comme un film, un motion-picture ? Ou vous a-t-il vraiment prise pour une pauvre fan hystérique qui veut juste sa photo avec un monsieur connu ?

Il y a plus d’un an, sur ce même blog, après avoir rencontré M. Night Shyamalan, vous terminiez un article en précisant l’importance de savoir parler anglais, afin d’être en mesure de dire des conneries aux gens que l’on admire. CQFD.


Très maigre consolation : la master-class était nulle.




Picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture, picture!

mardi 3 janvier 2012

De l’existence de Dieu…

Dieu existe. Comme l’imaginent la plupart des gens, Il est barbu, et a souvent un sourire bienveillant. Dieu aime bien porter une casquette et des chemises un peu moches, aussi. Il dirige le monde depuis une chaise à son nom et a rendu beaucoup, beaucoup de terriens heureux. Parfois, Il fait un peu n’importe quoi ; certains lui en veulent, d’autres lui pardonnent, mais il semble impossible de perdre foi en Lui.

Dieu, c’est Steven Spielberg. En tous cas pour vous, pauvre petite créature du commun des mortels.

(Quelle surprise, n’est-ce pas !)


Quelle ne fut donc pas votre joie (pour ne pas dire votre hystérie, mais vous êtes quand même une adulte responsable) quand vous avez appris, il y a quelques mois, que Steven, le seul, l’unique, allait donner une master-class à la Cinémathèque.
Steven Spielberg. A Paris. En chair et en os. Et prêt à répondre à vos questions.

Vous avez passé des heures, des jours à chercher ce que vous pourriez bien lui dire. «Vous m’avez donné envie de faire du cinéma » - ça c’est vrai, mais tout le monde lui a déjà dit mille fois, on peut faire plus original. « Parfois, je vous déteste » - entrée en matière intrigante mais pas forcément sympathique, destinée à lui faire comprendre que vous voulez être réalisateur grâce à lui, mais que ça n’est pas toujours facile. Hmmm, non. Trop dur.
Vous pourriez aussi simplement essayer de vous accrocher à sa jambe et de ne pas lâcher, quoiqu’il arrive, mais c’est risqué.
« Monsieur, adoptez-moi ! » ; « Tenez, voici ma carte ! » ; « Mais prenez ma carte, putain!» ; « Bonjour, vous cherchez pas une stagiaire ? » … Vous avez cherché, cherché. Mais vous n’avez pas pensé une seconde que vous n’auriez pas de place pour la master-class en question…

Vous étiez en voyage lors de la mise en vente, mais votre équipe d’agents secrets au grand complet était plus que prête et opérationnelle : votre informaticienne de mère, secondée par plusieurs geeks de collègues, se tenait prête sur internet. Quant à l’enseigne vendant les places, elle ne fut pas oubliée : avant l’ouverture, votre petit-ami se tenait prêt devant la boutique de La Défense, et votre grand-père (si, si) devant celle de votre ville natale, en province.
De toutes façons, vous aviez assisté à la master-class de Roland Emmerich en novembre, et étant donné le peu de personnes présentes, vous pensiez que celle de Steven se ferait les doigts dans le nez (en plus, il fallait PAYER, là où celle de ce bon vieux Roland était gratuite).

Or, dès l’ouverture… plus de places. Tadaaaaaa ! Surprise. Et joyeux Noël, hein.

Comment est-ce possible ? Vous n’en savez rien – personne n’a rien compris. Mais les faits sont là : vous n’avez pas de place.

Vous essayez de relativiser : vous n’avez pas encore trente ans, et vous aurez peut-être d’autres occasions. Vous avez fait un très beau voyage en Terre du Milieu (euh… oui. Mais ceci est une autre histoire, qui sera racontée très vite, entre deux repas constitués de pâtes à rien). Vous allez réaliser deux courts métrages (produits !) en 2012. Vous avez sans doute épuisé votre quota de chance – le Yin et le Yang, tout ça. Vos amis cinéphiles et stevenophiles n’ont pas eu de places non plus. Vous êtes en bonne santé, vous avez une famille et des amis fantastiques, et vous…

STOP !! C’est Steven, mille sabords de couilles de putes !

Il va être là, dans un périmètre de moins de dix kilomètres, et vous n’y serez pas. VOUS. N’Y. SEREZ. PAS.

Vous avez envie de mourir.

Steven.

QUI a eu ces places ? Quels pistonnés, quels tricheurs ont pu obtenir le précieux sésame? Comment l’infâme sac à vomi mal gerbé (tentative de politesse – retrouvez la référence, tiens) qui a vendu huit places sur eBay (HUIT !) s’est-il débrouillé ?
D’ailleurs, à plus de cent-vingt euros le pack de deux, il a du passer un meilleur Noël que vous…
Sérieusement : vous ne pouvez arrêter d’y penser. C’est trop injuste. Les heureux élus qui assisteront à la conférence en seront-ils seulement dignes ? Ou ont-ils juste eu une immense opportunité ? Et s’il y en a qui partent avant la fin ? Pourquoi faire miroiter des places aux cinéphiles, pourquoi laisser croire au public que cette master-class est ouverte à tous, alors qu’il semblerait bien qu’il ne s’agisse que d’une grosse farce ? Vous avez l’horrible impression que vous n’avez jamais eu aucune chance – parce que vous n’êtes personne.
C’est un cauchemar.

Vous avez envie d’écrire à la Cinémathèque, à la Mairie de Paris, à Nicolas Sarkozy, à Steven lui-même. Pour un peu, vous leur enverriez votre article sur « Jurassic Park ».
Encore aujourd’hui, vous avez repéré une place à cent euros sur eBay. Cent euros ! Vous êtes loin de les avoir, et serez-vous seulement sûre d’être dans la même pièce que lui ? Pour un peu, vous achèteriez la place juste pour le plaisir d’insulter copieusement le vendeur lors de la remise en mains propres… C’est ça, le problème avec Dieu : les gens s’en servent toujours comme prétexte pour les guerres ou le fric.

Quiconque a quelque peu suivi ce blog comprendra que rater cet évènement semblait tout simplement impossible. Et pourtant…
Alors voilà : le neuf janvier, vous serez devant la porte, la sortie des artistes, l’issue de secours, bref, vous ferez le pied de grue en espérant qu’Il prenne quelques minutes pour dire bonjour. Ou au revoir. N’importe quoi, pourvu que vous puissiez lui dire LA phrase que vous aurez trouvée d’ici là.


Steven Spielberg…

lundi 2 janvier 2012

Et joyeuse fin du monde à tous…

Excellentissime et merveilleuse année 2012 à vous tous – qu’elle soit magique et pleine d’aventures et de rebondissements !
Surtout, ne vous éloignez pas trop de John Cusack, ça peut servir.

En ce qui me concerne, il n’était pas même pas deux heures du matin le 1er janvier, et j’avais déjà proposé à mon chanteur préféré de lui réaliser son prochain clip – 2012, année de la modestie.
Et alors ? Il faut y croire… toujours !

Non mais oh.

Allez, allez finir vos bouteilles tranquilles.


(Et résolution numéro 1: poster PLUS! Promis. Juré. Craché. Miam.)

dimanche 30 octobre 2011

Mets un pitch dans ta potche.

Il me semblait bien que j’oubliais quelque chose… Chose promise, chose due – voici les magnifiques (et hautement improbables) pitchs à la «Platane», écrits sur l’exemple de «La Môme 2.0 : Next Generation» pour le concours organisé par Canal +.
On m’a fortement déconseillé de proposer mon merveilleux mélange de « La Rafle » et de « Destination Finale », allez savoir pourquoi…

(NB : je ne suis pas la seule coupable – les grands moments de littérature que je vous propose ici sont aussi l’œuvre de mon petit comique de petit ami. Quel couple sympathique !)


Les Choristes 2 : Dance Battle

Fini le primaire, fini de rigoler. Lors de son entrée au lycée, le jeune Pierre Morhange va découvrir que l’amour et le respect ne peuvent se gagner qu’à travers une seule chose : les duels de break dance. Et lorsque la paisible pension Bernadette Soubirous de Gif-sur-Yvette est tirée au sort pour affronter le LEP Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles, Pierre décide de remporter le tournoi afin de séduire la belle Nassima. Pour cela, il devra avant tout affronter celui qui lui vole son goûter tous les soirs : le redoutable Samir, frère de Nassima, numéro deux mondial de Moonwalk. Un combat terrifiant attend Pierre. Un combat qui lui apprendra qui il est vraiment. Quelles sont ses limites. Et surtout, comment faire un bon couscous.


La Guerre des Boutons 2 : La Revenche du Quartier West

A Los Angeles, Gros Gibus vivait loin de son passé criminel jusqu’au jour où son petit frère, Petit Gibus, est kidnappé par la mafia de New York. Contraint de reprendre ses activité de dealer pour réactiver son réseau et lever une armée, il doit affronter les ravages d’une mystérieuse nouvelle forme de méthamphétamine : le « bouton ».


Le Pacte des Loups 2 : La belle, la bête et le sorcier chinois

Alors que la révolution française fait rage, la comtesse de Ségur veut reprendre le contrôle du peuple et engage un mystérieux inconnu au sourire malicieux pour retrouver la progéniture de la bête du Gévaudan. Parallèlement, un commando de révolutionnaires part également à la recherche de l’animal, élément crucial pour mener l’assaut sur la Bastille. Débute alors une course contre la montre liant à jamais le destin du futur pays des droits de l’Homme à celui de la bête…


Mesrine 3 : Hold-Up sur l’Enfer

Après sa mort, Jacques Mesrine est retenu prisonnier dans les geôles de Lucifer pour y expier ses péchés. Mais lorsque sur Terre, le commissaire Broussard fait courir une rumeur concernant les penchants sexuels du défunt criminel (jeunes hommes circoncis, nains transformistes, fruits et légumes, etc…), ce dernier décide de retourner dans le monde des vivants pour se venger. Même si pour cela il doit s’évader… de l’Enfer.


Ne le dis à Personne 2 : Le Secret des Templiers

C’est l’heure des retrouvailles pour Alexandre et Margot après des années de séparation. Mais un mail anonyme va à nouveau faire basculer leur destin en leur apprenant que Philippe Neuville n’était autre que le chef de l’Ordre des Templiers, et que ses membres cherchent à se venger de celle qui a tué leur leader. Pour survivre, le couple va devoir retrouver un coffre mystérieux, qui selon la légende serait enfoui sous France-Miniature.


Entre les Murs First Class : Le Secret du Chinois

L’évolution est en marche. Ils sont parmi nous. Ils sont déjà là…. Les Chinois. La classe de CP de l’école Tony Parker de Bobigny compte parmi ses rangs le petit Chang. Un jeune prodige de six ans qui obtient mystérieusement, à chaque trimestre, une moyenne de 20/20. Mais comment fait-il ? Ahmed et Jean-Marie, deux de ses petits camarades, décident de percer le mystère du petit asiatique. Des travailleurs clandestins aux pédophiles en passant par les fabricants de Playmobil, leur quête les mènera dans les bas-fonds du neuf-trois…


Jules et Jim Ultimatum

2125. Jules Jameson et Jim Johnson sont les arrière-arrière-arrière-arrière petit fillots de Jules et Jim, mais ils l’ignorent. Ce qu’ils savent, en revanche, c’est qu’ils sont les deux champions du monde de Pin-Ku, un art martial futuriste très élaboré, et que seul le meilleur pourra accéder au titre suprême de numéro 1. Leur destin va être bouleversé quand la mystérieuse Marie-Jing, leur demi-sœur commune, décide de sortir de l’ombre pour leur avouer la vérité sur leurs origines. Entre le sang, les larmes et leur amour naissant pour leur informatrice, c’est le combat de leur vie qu’ils vont devoir jouer…

vendredi 30 septembre 2011

Same player shoot again

Allez. Le Grand Traumatisme a eu lieu il y a maintenant deux mois, et vous vous sentez enfin prête à le raconter sans risques. Quels risques ? Projeter violemment l’ordinateur contre le mur, envoyer un colis piégé, ce genre de choses.

Mais commençons par le commencement.

En ce bel été 2011, vous ouvrez, comme tous les jours, votre messagerie, dans l’espoir d’y trouver une offre d’emploi quelconque ou un e-mail de Steven Spielberg, tombé par hasard sur vos courts-métrages alors qu’il s’ennuyait sur internet.
Le message que vous trouvez alors s’apparente plus, pour vous, à la deuxième option.

Un assistant-réalisateur, un vrai, vous a contacté. Il prépare actuellement un long-métrage devant se tourner dans votre région, et recherche un stagiaire mise en scène ; la commission du film locale lui a fait parvenir votre CV, et il aimerait savoir si vous êtes intéressée.

Etes-vous intéressée ? Hmmm. Point négatif : être stagiaire à vingt-sept ans, c’est régresser quelque peu. Points positifs : il s’agit d’un long-métrage, un vrai, pas une œuvre obscure et autofinancée. Vous allez être payée bien au-delà du SMIC. C’est un film ANGLAIS. Oh, accessoirement, les rôles principaux comprennent une star de la saga «Harry Potter» et un ami à Christopher Nolan.

Vous êtes intéressée.

La vérité, c’est que même s’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours, vous êtes pour le moins hystérique. Vous vous refusez à le dire à qui que ce soit, de peur de vous porter malheur, mais vous prévenez tout de même vos parents, pour les rassurer. Mauvaise idée : la joie de votre père dépasse la vôtre. Il vous voit déjà tirée d’affaire, lancée dans le métier, à l’abri du besoin.

Il faut toutefois admettre que cette proposition inespérée tombe à pic. Vous qui n’y croyiez plus, voilà qu’une offre de folie vous tombe tout cuit dans le bec – tout hasard semble impossible. C’est tellement insensé, tellement incroyable – cela faisait tout de même quatre ans que vous étiez inscrite à la commission, quatre années durant lesquelles son absence absolue vous avait poussée à douter de son existence. Et là… BAM. Vous n’avez rien demandé, et on vous propose un rôle à la mise en scène sur un film de guerre. Donc, Dieu existe. Ou le Père Noël. Ou les fantômes de vos grands-parents. Ou les extra-terrestres. En tous cas, il paraît impossible que ceci arrive de nulle part – c’est forcément votre destin qui vous appelle, et VOUS NE POUVEZ PAS ne pas avoir ce job.

Hum.

Jour J – entretien à Paris. Bien entendu, le RER fait des siennes et vous voilà obligée de courir. Dieu merci, votre veste noire camoufle le fait que vos dessous de bras se sont transformés en piscines. Vous arrivez échevelée et essoufflée. Nom de Zeus, pourquoi faut-il toujours que les boîtes de productions aient des locaux pourris dans des immeubles délabrés et sans ascenseur ? Monde cruel.

Il vous attend dans un petit bureau. Il ressemble à Kevin McKidd, ce qui est dommage car vous serez désormais tentée de vous rouler par terre en criant dès que vous verrez cet acteur.
Au premier abord, il a l’air sympathique – vous vous asseyez confiante. Mauvaise idée : il attaque immédiatement avec une diatribe sans pitié sur les étudiants en cinéma.
« Alors je ne sais pas ce qu’on vous apprend dans les écoles, à vous les jeunes, mais… ». Bla, bla, bla. Cinq minutes consternantes durant lesquelles le monsieur s’énerve tout seul, furieux que les « jeunes » confondent le métier de réalisateur avec celui d’assistant. Et tout cela sans que vous ayez ouvert la bouche – vous n’êtes pas allée plus loin que les salutations.
Vous bouillonnez intérieurement, outrée et très mécontente que l’on vous prenne pour une quiche, et vous tentez une blagounette : « Eh bien, euh, je suis ravie qu’on me traite de jeune, ha, ha… ». Raté. Il n’a pas l’air d’avoir de l’humour. En tous cas, pas là, tout de suite, maintenant.
Bon, vous n’allez tout de même pas vous laisser insulter – vous lui répondez gentiment que vous n’êtes plus étudiante depuis longtemps, que vous êtes plus que consciente qu’un assistant-réalisateur n’est certainement pas un réalisateur (c’est peut-être pour ça qu’il est aigri, tiens), et que, grosso modo, vous êtes tout à fait d’accord avec lui. Vous réussissez à éviter de renverser son bureau en hurlant des choses comme « Non mais pauvre abruti, tu me connais pas et tu te permets de me critiquer alors qu’on a même pas encore parlé de mon expérience ? Tu veux t’battre, tu veux t’battre ?!! »… (version polie, mais vous êtes vraiment fâchée).

Votre CV est imprimé sur le bureau du bourreau, mais il ne l’a visiblement pas lu, de toutes façons – il semble réellement croire que vous sortez à peine de l’école et que vous n’avez jamais mis les pieds dans la vraie vie. D’accord, vous n’avez jamais eu l’occasion de travailler sur un long métrage, mais entre vos divers stages et emplois à la télévision, en boîtes de production, vos court-métrages et les expériences variées que vous avez eues dans le métier (non, cette phrase ne contient aucun sous-entendu sexuel), vous êtes loin d’être une débutante. Vous seriez même plutôt blasée. Une chose est sûre, vous êtes simplement loin d’être débile. Même si vous êtes donc flattée de paraître plus jeune que votre âge, vous ne pouvez le laisser croire que vous êtes une gentille paysanne débarquant de sa province. Vous décidez donc de parler court-métrage.

Quelle idée merdique. Vous avez réveillé la bête.

« Ah non. Il n’y a rien à voir. Vous êtes là, vous les jeunes, avec votre petite caméra, tout contents, à dire que vous faites du cinéma, mais vous n’y connaissez rien ! Si le chef op’ veut une heure de plus pour sa lumière, vous vous en foutez!»…
Vous regrettez amèrement de ne pas avoir enregistré cette conversation – vous auriez ainsi pu retranscrire cette tirade dans toute sa bassesse et sa mauvaise foi. Même si la partie sur les jeunes qui ont l’impression de faire du cinéma est pratiquement intacte…
Vous êtes humiliée, vexée et surtout blessée. Comment un type ayant lui-même réalisé des courts-métrages professionnels en 35 millimètres, avec une tête d’affiche et plusieurs sélections en festivals, peut-il attaquer ainsi ce format ? * Croit-il sincèrement que vous avez seize ans et que vous tournez des parodies de films d’horreur dans le jardin de vos parents avec la caméra familiale ? Il semblerait que oui.
Vous aimeriez lui raconter votre parcours, de votre amour sincère du cinéma à votre film de fin d’études, de vos tournages de prime-times au concours de scénario que vous aviez gagné. Vous aimeriez lui parler des deux jours de tournage que vous avez déjà eu, ni plus ni moins, pour achever un court-métrage, des moments de panique et de toutes ces fois où vous avez failli fouetter votre chef opérateur pour qu’il arrête de chipoter.
Vous aimeriez lui parler des nombreux courts-métrages qui se font produire, chaque année, par de vraies boîtes de production, où chaque technicien, chaque acteur est payé et déclaré comme pour n’importe quel long-métrage. Des courts qui se font acheter par des chaînes de télévision, qui sont présentés à Cannes.
Vous aimeriez lui parler de votre professionnalisme, de vos capacités, de votre motivation, et vous aimeriez vous vendre. Mais vous n’y arrivez pas. Parce que vous êtes tétanisée… et parce qu’il ne vous laisse pas en placer une.

Sa seconde entre. Vous voici désormais face à deux personnes – miam. Vous pensez encore, cependant, avoir le poste. Entre deux coups de gueule, Kevin McKidd semble en effet sous-entendre qu’il vous prendra. Suspense…

« Tu parles anglais ?
- Oui.
- Tu parles allemand ?
- Non. Espagnol ?
- Non. Tu as le permis ?
- Non. Si c’était le cas, je l’aurais mentionné sur mon CV…»

Ouh, la petite insolente que vous faites. Qu’il culpabilise donc un peu de ne point avoir lu les magnifiques deux pages trônant sur le bureau!
Gros blanc. Vous essayez une nouvelle blagounette. « Si c’était le cas, je rechercherais un poste de régisseuse… ».
Kevin McKidd vous jette un regard horrifié – il faut dire que vous passez alors, à ses yeux, pour une handicapée mentale. C’est toutefois son assistante qui attaque la première et vous passe un savon pendant cinq bonnes minutes. Décidément, ils ont l’art du monologue, ces deux là… Vous serrez les dents et souriez niaisement, acceptant sans broncher la douche d’insultes à peine dissimulées. Comment osez-vous postuler à un poste d’assistante sans avoir le permis ? Ben, euh, peut-être parce que ce sont eux qui sont allés vous chercher, et qu’ils avaient votre CV depuis le début ? Gnnnnnn.

Kevin McKidd vous déclare ensuite que tout ceci est bien embêtant, car vous auriez pu avoir le poste s’il ne s’agissait pas là d’un film au « budget réduit » : il comptait sur vous pour transporter les acteurs et faire les courses – les joies de la régie, somme toute. Il semble effectivement évident qu’un film historique bourré de têtes d’affiche puisse manquer de budget…
« Vous êtes une assistée, pas une assistante ».

Vous avez envie de pleurer ou de lui cracher au visage. Pleurer semble toutefois plus facile, parce que vous n’avez jamais réussi à cracher. Mais vous faites bonne figure.
Les deux acolytes, après un regard on ne peut plus explicite, vous déclarent qu’ils n’ont plus de questions, et que vous pouvez prendre congé : « on vous rappellera ». Vous vous levez dignement (enfin, c’est ce que vous pensez, vous n’aviez pas de retour vidéo), et leur faites comprendre que vous n’êtes pas dupe. Vous leur souhaitez bonne chance pour le film et quittez les lieux tout sourire – vous n’allez quand même pas leur montrer qu’ils vous ont touchée.

Bon. Aurait-ce été vraiment intéressant d’avoir un job fantastique, si le courant ne passait pas du tout avec vos supérieurs ? Etes-vous passée à côté de l’occasion de votre vie, de l’emploi qui aurait tout débloqué ?
Vous ne savez pas.

Kevin McKidd voulait vous faire comprendre que le métier est difficile, et que lui-même en a bavé. Certes. Pour autant, de quel droit de parfaits inconnus peuvent-ils se permettre de s’acharner sur vous lors d’un entretien ? S’en prendre à un l’un de ses subordonnés qui l’aurait mérité, d’accord. Mais depuis quand s’énerve-t-on sur des candidats ?

Vous avez l’amère impression que l’on ne vous a rencontrée que parce que vous étiez une « locale ». Ce type savait-il seulement que vous viviez et travailliez à Paris ? Et même si vous habitiez toujours dans la région de vos parents, la région où vous vous êtes inscrite à la Commission du Film… cela ferait-il de vous une pauvre provinciale inculte ? Vous n’étiez qu’une péquenaude, dans ce bureau, une gentille paysanne, et vous méprisez encore une fois l’arrogance et la suffisance de ces parisiens qui se croient supérieurs.


Pour vous venger, vous deviendrez un immense réalisateur.




* Merci Google.

vendredi 19 août 2011

Return of the blog.

Non, non et non – ce blog n’est point mort. Si tel était le cas, vous l’eussiez annoncé, et la chose aurait été enterrée avec les honneurs qui lui reviennent (disons, une bouteille de moelleux et un brownie Monoprix. Minimum).

Oui, il est assez étonnant qu’une chômeuse de votre acabit ne trouve pas le temps de venir poster, pour ne pas dire geindre et vomir sur le petit monde du cinéma français.

Les voies de la motivation sont impénétrables… Accessoirement, il faut bien avouer que vous êtes parfois trop écœurée, remontée ou simplement triste pour avoir envie de relater vos aventures cinématographiques.

Toutefois, vous êtes actuellement en vacances, et le chant des cigales semble avoir une influence bénéfique sur votre désir d’écrire.

Oui, en vacances. C’est à dire qu’il y a, voyez-vous, une grande différence entre les vacances et le chômage – différence que les mauvaises langues s’empressent de faire disparaître dans le néant le plus abyssal. Le chômage consiste en un enchaînement de journées vaines et vides dans une ville où il ne fait généralement pas beau. Vous mourez d’envie de travailler (si, c’est possible) et le fait de ne rien faire vous culpabilise et vous déprime. Vous angoissez chaque jour en pensant au lendemain, vous postulez à divers postes tout en envoyant vos scénarii à droite à gauche, et vous n’avez jamais l’esprit tranquille. Les restaurants que vous vous offrez se limitent aux fast-foods et aux Japonais, Chinois et autres menus alphabétiques à moins de huit euros. Tandis que les vacances, c’est être dans un endroit situé au moins sous Lyon, où les gens ont un minimum d’accent, et où les kilomètres vous éloignant de votre domicile vous garantissent un certain repos spirituel – c’est encore mieux si les collines arides empêchent votre téléphone portable de capter toute forme de réseau.

Donc, après avoir répondu avec enthousiasme à un concours de scénario et disserté avec bonheur sur des suites improbables (explications en bas de cet article), vous avez eu comme une envie de blogger, là, tout de suite, maintenant.

C’est l’été, et la terre entière tourne – sans vous. Toutefois, vous êtes encore passée à CA de votre destin, ces derniers temps… et vos déplorables pérégrinations méritent indubitablement de figurer sur ce site. Vous êtes fâchée et frustrée, frustrée, FRUSTREE ! Vous avez envie de faire du cinéma, nom de Zeus de nom de Zeus. Ca vous chatouille, ça vous démange, c’en est insupportable – comment peut-on vouloir à ce point quelque chose qui semble constamment repousser vos avances ? Vous vous êtes gavée de bons films, « Super 8 » en tête, et tout ce à quoi vous pensiez, alors que vos poils de bras se hérissaient et que les papillons envahissaient votre ventre, c’est que vous vouliez en être. C’est toute votre vie !

Votre meilleure amie travaille sur un (bon) gros film français, et Joseph Mazzello s’affiche dans le nouveau « Band of Brothers », sur une chaîne nationale, au lieu de venir tourner dans votre premier long. C’est inadmissible. Et vous vous retrouvez, une fois encore, pleine de rage contenue et de passion inachevée, exorcisant vos idées noires et vos envies en public sur internet. Mais que le joyeux lecteur ne se méprenne pas : vous n’aspirez qu’à le faire sourire (et, accessoirement, à le mettre en garde, s’il décidait par malh… par bravoure et courage de choisir une vie d’artiste). Et le charmant conte de Noël que représente votre dernier entretien s’y prête très probablement…

Stay tuned, comme disent donc nos amis américains ! (Musique et grosse voix de bande-annonce) Bientôt sur vos écrans*, de l’action, du suspense, de la haine ! Une histoire d’amour déchirante, des zombies et des tripes ! L’histoire d’une apprentie réalisatrice essayant de montrer son cerveau à Cannes, ce qui n’est pas chose aisée quand vous êtes une créature en robe au bras d’un jeune réalisateur ! Avec, en bonus, l’histoire merveilleuse de la fille qui aurait pu être stagiaire mise en scène sur un gros film anglais ! En costume ! Avec des acteurs de renommée internationale ! Woohoo !

En même temps, quelle serait la raison d’être de ce blog si vous réussissiez… ?



* vos écrans d’ordinateurs, cela va sans dire. Ou de Smartphones, d’accord. Bande de nantis !

Cadeau bonus : l’explication sur les suites improbables.
Il se trouve tout simplement que, à l’occasion du lancement de « Platane », la nouvelle série d’Eric Judor, une certaine chaine cryptée organise un concours. Les prix ne sont pas extraordinairement extraordinaires (un coffret DVD, ce genre de choses – pas la production de votre trilogie d’héroïc-fantasy en 3D), mais le thème vous fait rire. Il s’agit donc plus ou moins de pitcher une suite improbable à un grand film culte, la suite créée par Eric dans la série étant en l’occurrence « La Môme 2.0 : Next Generation ». Or, il faut bien avouer que lorsqu’il s’agit d’écrire des conneries, vous êtes étrangement très en forme (vous en êtes à une dizaine de titres…)
Vous vous ferez d’ailleurs un plaisir de poster quelques unes de vos magnifiques idées dès la fin du concours, gagnante ou non. Ce serait dommage de gâcher cela !
(Vous aurez peut-être uniquement des retours négatifs, le monde entier trouvera vos pitchs consternants et pas drôles du tout, on vous jettera des pierres et vous vous suiciderez probablement en vous jetant du haut de l’UGC Ciné-Cité Bercy. Mais c’est un risque à prendre.)