vendredi 15 mars 2013

Pop!ular

Quand vous avez commencé ce blog, vous ne saviez pas vraiment à quoi vous attendre. Vous mourriez d’envie de raconter vos aventures, mais vous n’aviez pas la plus petite idée de ce qui pourrait se passer.
Certes, vous n’espériez pas vraiment connaître le succès d’Anna Sam ; vous saviez que vous ne vous feriez pas publier, et que vos écrits ne seraient pas adaptés en six saisons à la télévision, puis un long-métrage – vous ne saviez même pas si vos considérations, vos plaintes et vos fantasmes intéresseraient quelqu’un. Il fallait juste que ça sorte, voilà!

Et puis les gens ont lu. Il y a eu des compliments, il y a eu des critiques, mais savoir que l’on est lu procure tout de même une joie fantastique (oui, c’est la minute premier degré). C’est exactement comme lorsque l’on fait un court-métrage ou un clip et que, en plus de voir les vues augmenter, on reçoit des commentaires de parfaits inconnus ayant pris quelques minutes de leur temps pour vous faire part de leurs impressions. C’est génial. C’est youpi. Ça donne envie de continuer… et il en faut, des raisons de continuer !

Tout cela pour dire que, même si ce modeste blog est loin d’atteindre les cent-mille vues chaque mois (ben oui – il en fait un million. Ha, ha, ha), il vous a permis de faire des rencontres. De très, très belles rencontres, et vous ne parlez pas là d’un speed-dating douteux autour d’un plateau de brochettes bœuf-fromage sur une reprise de « My heart will go on » en chinois (le lecteur assidu se rappellera que vous êtes accessoirement loin d’être célibataire, et que vous avez le plaisir d’avoir un petit-ami pour qui le piston fonctionne, tssss).
Ce message niais et dégoulinant de bonheur amical a donc pour unique fonction d’honorer ces délicieuses rencontres ; merci, ô amis lecteurs et désormais parfois amis tout court, de me soutenir, de croire en moi ou simplement de m’écouter râler. Vous me confortez dans l’idée que ce blog n’était pas une si mauvaise chose !

Pour finir, voici une photo de votre petite joie de la semaine : un beau dessin fait rien que pour vous, huhuhu (oui, parfois vous êtes une fille, et vous gloussez), par le très cher Amiral (http://amiraldessin.com/). Elle est pas belle, la vie ?


lundi 31 décembre 2012

2012.

Bon. La fin du monde n’a pas eu lieu, et vous n’avez par conséquent même pas eu l’occasion d’être sauvée par John Cusack. Quelle déception !
Ne soyons pas rancuniers : 2012 mérite toutefois son petit bilan.

2012, c’est donc, pour vous:

- 2 clips
- 1 très court-métrage (merci, concours Nikon)
- 128 cacas nerveux (64 par clip, en moyenne)
- 242 personnes qui sont passées devant vous sans vous saluer parce que bon, hein, c’est bien connu, les hôtesses d’accueil sont des cruches qui n’ont pas fait d’études et ne méritent même pas un regard
- 66 séances de cinéma (vous êtes décidément en petite forme)
- 1 séance que vous avez payée, parce que votre carte UGC était restée dans un autre jean (10,80 pour « Camille Redouble », putain…)
- 1 série culte (vous êtes devenues accro à « Community »)
- 28 danseurs à diriger (vous voulez définitivement faire une comédie musicale un jour)
- 1 zombie (votre premier !) et quelques beaux morts-vivants
- 1 bagarre (bon, d’accord, une semi-bagarre)
- 2 refus des commissions de financement régionales (« votre court-métrage est vraiment très bien écrit, mais il n’y a pas de message »)…
- 1 autographe de Steven Spielberg, et la bourde qui va avec…
- 1 Steven Spielberg, quand même, quoi !

Et hop ! En bonus, vos films préférés de l’année, ceux qui vous ont encore plus donné envie de faire du cinéma, de croquer le Septième Art à pleines dents, d’en faire votre vie :

1) Skyfall. Parce que ça faisait longtemps que vous n’aviez pas vu un film avec un désir de cinéma aussi absolu. Parce que vous en avez savouré chaque minute, que vous avez ri, que vous avez frissonné. Parce que vous n’aviez pas vu de plans aussi sublimes depuis longtemps. Et parce que jamais vous n’auriez pensé aimer autant un James Bond.

2) Starbuck. Parce que vous avez rarement été aussi émue, aussi transportée, aussi touchée, aussi enthousiasmée. Et pourtant, Dieu sait que vous détestez les enfants !

3) Ted. Parce que vous auriez VOULU faire ce film. Parce que vous vous êtes retrouvée dans l’humour, dans les références géniales aux années 80. Parce que Seth McFarlane est le dieu de la comédie. Parce que qui, franchement, arrive à être aussi drôle ?

4) Argo. Parce que c’est une sacrée déclaration d’amour à la magie du cinéma, et que vous en auriez pleuré de bonheur.

5) Cheval de Guerre. Parce que le plan séquence dans les tranchées vous hante encore. Parce que vous avez détesté le début avec le gamin, et que vous êtes tombée amoureuse du reste du film. Parce que peu de réalisateurs savent faire ça de toutes façons…

Et puis il y a les moments de bonheurs : God Bless America, qui n’est pas parfait mais tellement attachant, tellement savoureux, tellement JUBILATOIRE ; Rebelle, sublime ; Radiostars (si, si, un film français), qui vous a émue et vous a fait sourire, et Dieu sait que c’est difficile ; Moi, Député, qui vous a franchement fait pleurer de rire ; Le Hobbit, bien sûr, pour le bonheur des retrouvailles ; Avengers, plaisir coupable, du fun non-stop, du grand, grand, grand cinéma pop-corn ; Les Femmes du Bus 678, merveille d’émotion et de révolte ; The Impossible, impossible à détester ; Dark Shadows, qui n’est peut-être pas le meilleur Burton, mais dont certains moments étaient tout de même particulièrement jubilatoires ; Jason Bourne : l’héritage, que vous pensiez détester et qui vous a scotchée pendant deux heures ; et enfin le Millenium de Fincher, pour son incroyable générique d’ouverture…

L’année n’est pas tout à fait terminée, et vous avez raté pas mal de films ; le classement aurait sans doute été différent si vous aviez vu Frankenweenie, John Carter ou encore Les Bêtes du Sud Sauvage. Mais en attendant, quand même… qu’est-ce que c’était bon!


Bonne année à tous, Merry Pippin, soyez sages, et à l’année prochaine!

dimanche 18 novembre 2012

Kick-Ass.

Ca y est, vous l’avez fait. Vous avez craqué. Vous avez riposté contre le sinistre personnage qui avait décidé de ruiner votre séance de cinéma…

Des années que vous serrez les dents, que vous ne dites rien et que vous fantasmez en secret sur les mille sévices que vous pourriez faire subir aux sombres crétins qui parlent, crient, téléphonent dans les salles obscures. Ceux qui shootent en continu dans les fauteuils, qui décident de faire pleuvoir du pop-corn, voire même qui profitent du rang du fond pour une fellation (si, si).
Parce que nom de Zeux, on RESPECTE LE FILM !

Mais là… là… !

Vous étiez allée voir « Looper ».
Il faut savoir que les abrutis dans les salles de cinéma, c’est comme les envies de faire pipi ou le pop-corn bruyant : ça n’arrive jamais durant un film que vous n’avez pas envie de voir. Vous avez passé les heures les plus tranquilles de votre vie devant des longs-métrages fades et inintéressants ; le visionnage d’un grand film a toujours été une lutte acharnée pour la tranquillité – le plus grand luxe que vous offre votre carte illimitée, c’est celui de pouvoir partir si vous constatez qu’il n’y a plus de bonnes places, ou que la salle est remplie de dégénérés du bulbe.
Vous n’avez rien contre les salles pleines, non – les avants premières sont d’ailleurs souvent très agréables : la salle est, pour le coup, remplie d’un public désirant vraiment voir le film, et il n’y a rien de meilleur que de rire ou de crier en chœur.

Fin de la digression. Ce que vous essayez de dire, c’est qu’une séance de cinéma, ça relève du sacré. PARFAITEMENT !

« Looper », donc. Le tunnel de publicité passé, les lumières s’éteignent et le film commence. Et voilà, hop, quatre jeunes gens fort distingués entrent par la sortie et décident de s’inviter.
Qu’ils ne paient pas, vous vous en fichez comme de votre premier cours de vidéo – vous pourriez même presque trouver ça beau, en bonne naïve que vous êtes : « comme c’est émouvant, ces gens qui ont tellement envie de voir un bon film, et qui osent braver la loi pour faire triompher le cinéma ! »

Euh. Ouais. Ca doit surtout être parce qu’il fait plus chaud à l’intérieur.

Les voici donc qui se scindent en deux groupes, un à gauche, un à droite. Le premier groupe monte les escaliers et s’approche dangereusement de vous. Joseph Gordon-Levitt est à l’écran depuis une minute environ, mais vous n’arrivez pas à vous concentrer sur lui. Et ce n’est même pas à cause de son maquillage pourri – vous sentez la catastrophe arriver.
L’Abruti en Chef – appelons ainsi le leader de ce merveilleux petit gang de puceaux – décide d’interpeller ses amis (qui sont donc de l’autre côté de la salle) en criant. Dans sa sa main, son portable est, bien sûr, allumé et lumineux. Ô, comme tout cela commence bien… Dans la salle, personne ne dit mot (courageux spectateurs), mais le petit merdeux semble sentir les vibrations négatives qui commencent à former un petit nuage flottant dans sa direction. Il prend donc l’initiative (toujours debout) de tourner sur lui-même en criant à la cantonade « je vous emmerde ! Je vous emmerde ! HAHAHA ! ».
Oh, malheureux. Chez vous, ce ne sont plus des vibrations négatives, mais des pulsions de mort. Pulsions qui ne doivent pas pulser très fort, parce que l’Abruti en Chef décide de s’asseoir sur la marche A COTE DE VOUS. Au bout de quelques secondes, il fait encore mieux – il s’appuie contre vous. Bien au chaud contre votre douillette épaule. Le portable toujours allumé.

OK. Il ne fait désormais aucun doute que Steven, le dieu du cinéma, vous envoie un signe assez clair. Il faut agir. Vous vous tournez donc vers l’animal à votre gauche et vous emparez de son téléphone portable, dans l’idée de le faire voler à travers la salle, comme vous en rêvez depuis des années. Le hic, c’est que le propriétaire dudit téléphone a la poigne ferme, et, même s’il n’a pas du anticiper votre action, il ne lâche certainement pas prise. Zut.
Super déception. Vous tirez, il tire, rien à faire, et en plus il proteste (comment ça, c’est normal ?). Vous vous redressez donc et, bien droite, vous vous tournez vers lui et déclamez quelque chose qui devait ressembler à « maintenant tu fermes ta gueule, tu éteins ton portable, et tu respectes le film et les gens qui le regardent. TU FERMES TA GUEULE ! ».
(Eh bien oui. Le problème avec les gens très gentils, c’est que quand ils finissent par exploser, ils explosent très fort. Et puis vous n’avez jamais prétendu être un modèle de politesse, d’abord).
L’Abruti en Chef a l’air surpris, mais ne se laisse pas faire. « Immonde damoiselle, comment osez-vous me parler ainsi ? Je n’ai point pour intention de sortir ! » (pour la compréhension du public, vous avez pris la liberté de traduire ses paroles en français).
Chez vous, le surmoi a disparu. Vous restez ferme – chose amusante, cela vous arrivez très rarement dans la vraie vie. « Maintenant tu sors. TU DEGAGES ! ». Si, si, vous l’avez fait. C’est très libérateur.
Bon, est-ce qu’à ce moment là, vous auriez vraiment du le frapper ? Tout le monde vous dira que non, votre cerveau le premier. Mais il l’avait cherché. Et puis ce n’était pas grand-chose, juste une petite tape éducative sur la tête, quoi…

L’avantage, c’est qu’avec l’effet de surprise, il n’a pas répondu. Ceci dit, il n’a pas bougé non plus, et a commencé à vous menacer, sans toutefois passer à l’acte – ce qui n’est peut-être pas plus mal, parce que vous auriez répondu, et même si vous vous seriez probablement fait lamentablement botter les fesses, vous auriez pu être très très très méchante. EH BEN OUAIS !

Finalement, vous lui avez simplement dit que s’il voulait jouer au con, il allait perdre, et vous êtes partie chercher le vigil, ce qui a eu pour effet immédiat de les faire fuir. Même pas drôle. Un doigt d’honneur et puis s’en vont.

Bon, vous passerez sur les détails (le personnel du cinéma qui ne veut plus vous laisser partir de peur que vous vous fassiez agresser, le jeu de cache-cache dans le centre commercial, le retour des abrutis dans le cinéma, etc etc), mais tout s’est bien terminé. Sans bagarre, en tous cas.
Trois choses, toutefois :

- les autres spectateurs n’ont pas moufté, du début à la fin. Et Dieu sait que vous n’avez pas chuchoté… Jusqu’où faudrait-il donc que ça aille ?
- Etre une fille, c’est drôle. Parce que, même en jouant la carte de l’honnêteté et en avouant au personnel que c’est plutôt vous qui l’avez touché, vous êtes « la jeune fille qui s’est fait agresser ». Intéressant.
(PERSONNE ne vous agresse ! Non mais oh !)
- Le meilleur endroit pour vous cacher d’une bande d’écervelés qui vous en veut, c’est définitivement une librairie. Ha, ha, ha !



(Pardon, madame la police ! Ne me mettez pas en prison pour ce billet ! Ce n’est pas une apologie de la violence et malgré les apparences, je suis très saine d’esprit !)


vendredi 2 novembre 2012

Jeu.

Un intrus s'est glissé dans cette image, sauras-tu le retrouver?


(Fnac des Halles, 31 octobre 2012)

lundi 15 octobre 2012

Vivante, et prête à faire chier le monde.

Une fois n’est pas coutume, vous n’avez pas pu poster récemment car vous étiez très, très occupée – cinématographiquement occupée !
Non, vous n’étiez pas au trente-sixième dessous, en train de broyer du noir tout en sacrifiant des bébés animaux dans l’espoir de faire décoller votre carrière en vendant votre âme à Satan. Vous n’avez pas été kidnappée, violée et enterrée dans la forêt par un pervers quelconque, organisateur d’obscurs petits festivals n’ayant d’autres objectifs que de favoriser les rencontres avec des actrices à la fesse facile.
Ceci dit, vous n’étiez pas non plus à Hollywood, occupée à signer des contrats juteux avec des producteurs bedonnants autour d’une salade à soixante dollars – ne nous emballons pas.

Voici donc un résumé non-exhaustif de ces dernières semaines.

Vous avez réalisé votre deuxième clip, et, au passage, bon nombre de vos fantasmes de mise en scène : morts-vivants, scènes dansées, chorégraphies, et surtout références à tout ce que vous aimez, de « Jurassic Park » aux slashers des années quatre-vingt dix. Rien que d’y penser, vous en ronronnez encore.
Vous aviez toujours rêvé de faire du clip, et c’est encore mieux que ce que vous imaginiez. Alors certes, vous n’avez pas une grosse maison de disques derrière vous, et vous jouissez donc d’une certaine liberté (et, accessoirement, de zéro budget, mais on ne peut pas tout avoir). Mais tout de même ! Travailler en musique est un exercice absolument jubilatoire. Et puis, soyons honnêtes – ce n’est pas forcément déplaisant de travailler sans prise de son. On gagne un temps fou, et vous pouvez vous permettre de diriger vos comédiens pendant que la caméra tourne, ce qui s’avère positivement délicieux. Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir dire à son acteur principal « oui, vas-y, maintenant, titille-lui le moignon ! Parfait ! Et lèche-le, pour voir ? Super, maintenant tu danses le tango ! ».

Profitons en pour faire une parenthèse « ingé son » : vous avez adoré travailler sans prise de son, mais vous n’avez absolument rien contre les ingénieurs du son, que cela soit clair ; et puis, ce n’est pas vous qui avez inventé le célèbre dicton « quelle est la différence entre Dieu et un ingénieur du son ? Dieu, lui, ne se prend pas pour un ingénieur du son ».
(Pardon, mais vous vous deviez de l’écrire un jour).
Tous les ingénieurs du son avec lesquels vous avez travaillé récemment étaient adorables. Certes, l’un d’entre eux aime à raconter qu’il est agent secret et qu’il sauve régulièrement des jeunes femmes en détresse dans les pays en guerre, et l’autre s’est visiblement donné pour objectif de tenter sa chance avec toute votre équipe, de la stagiaire à peine majeure à la scripte mère de famille. Cela n’enlève rien à leur professionnalisme et à leur gentillesse… ça contribue simplement un peu plus au mythe.

Revenons-en à nos animaux laineux à quatre pattes (ou à trois, ou plus, mais alors dans un bocal avec du formol, ce qui est tout de même moins glamour, quoique plus rigolo).

Le problème des clips, c’est que ça reste un produit de commande. Vous n’avez donc PAS le final cut. C’est affreux – vous n’arrivez pas à vous y faire. Lorsque l’on change un plan, un seul, dans votre montage, c’est comme si l’on vous coupait un bras et que l’on vous le greffait dans l’oreille, ni plus ni moins.
Vous en rêvez la nuit et la première chose qui vous vient à l’esprit le matin est un gros juron.
Plus vous avancez dans ce métier et plus vous acquérez la certitude que tous les réalisateurs meurent à quarante ans d’une crise cardiaque (Spielberg ne compte pas, il n’est pas humain. C’est un dieu, tout le monde sait ça).


Vous avez également pris des vacances, il faut bien l’avouer, travaillé comme hôtesse d’accueil (vous ne vous êtes en effet toujours pas résolue à épouser un vieux milliardaire libidineux), travaillé comme seconde assistante sur un court-métrage, travaillé comme hôtesse d’accueil, aidé à l’organisation d’un festival de court-métrages, et travaillé comme hôtesse d’accueil… oui, cette répétition est malheureusement volontaire.
Vous êtes par ailleurs une très mauvaise hôtesse d’accueil, puisque vous consacrez vos heures de travail à rédiger une note de blog géante où vous racontez votre petite vie alors que cela ne va MEME PAS changer la face du monde.

Bref, vous voici de retour, et une fois n’est pas coutume (bis), vous fourmillez de projets, et espérez donc nourrir prochainement ce petit site avec plein d’anecdotes sur cette chose bizarre, absurde, difficile, parfois vaine mais toujours fantastique qu’est le métier de réalisateur.


PS à l’ami lecteur : aucun rapport, mais saches, ô fidèle visiteur, que ce blog est en lice pour les Golden Blog Awards ! Pour le vote, c’est ici, avec ma reconnaissance éternelle: http://www.golden-blog-awards.fr/blogs/je-veux-faire-du-cinema-mais-je-n-y-arrive-pas.html
(oui, Blogspot rechigne à m'afficher le lien, alors vous êtes obligés de copier-coller, je fais au mieux pour réparer ça, ARG)

jeudi 2 août 2012

La bat-anecdote.

Voilà, ça y est. Vous vous êtes enfin décidée à braver la foule, le pop-corn et les écrans de Smartphones, et vous êtes allée voir « The Dark Knight ».

Du moins, vous avez essayé.

Tout avait pourtant bien commencé ; votre séance n’était pas complète, vous étiez bien placée, et les gens autour de vous semblaient plutôt enclins à respecter le film et à rester sages. Même les publicités avaient été supportables, et vous aviez été gâtée au niveau des bandes-annonces. Que demander de plus ?

C’était sans compter sur le principe du Yin et du Yang : si tout se passe bien, quelque chose va FORCEMENT couiller quelque part, pour faire une balance.
En l’occurrence, pour vous, ce fut le son. Selina Kyle venait tout juste de se jeter élégamment par la fenêtre, juste après dérobé le collier de perles ; le gros « boum » qui a suivi vous a fait penser qu’elle devait peser bien plus qu’on ne pouvait le supposer. Mauvaise langue ! Le boum n’était autre que le bruit du son qui lâche, qui pète, qui a décidé de prendre des vacances sans vous. Telle Catwoman, vous vous êtes donc jetée dans les escaliers, bondissant vers la sortie afin de prévenir le personnel du cinéma.
(D’accord. Il se peut que cette image ait été quelque peu enjolivée et que la scène, vue de l’extérieur, ait été un peu moins "James Bond" et un peu plus "éléphant cherchant les marches dans l’obscurité" . Soit.)

Le hic, c’est qu’en dépit de votre prestation héroïque, de ce sacrifice magnifique d’une cinéphile prête à rater trois minutes de blockbuster estival pour sauver cent cinquante personnes, le son n’est jamais revenu.

Après une demi-heure d’attente, de tests sonores et d’excuses maladroites du cinéma, le diagnostic fut sans appel : la séance ne reprendra pas, merci, au revoir, mais si vous voulez il reste des places tout devant sur les côtés à la séance suivante.

MEME PAS UNE COMPENSATION POP-CORNAIRE !

Bref. Cette expérience inédite vous a confrontée à une situation nouvelle : le manque. Le coitus interruptus cinématographique.

C’est affreux ! Vous errez alors sans but, en proie à une étrange sensation d’inachevé. Vous êtes comme un chiot larmoyant que l’on aurait ôté à sa mère avant qu’il ne soit sevré.
C’est donc officiel : le cinéma peut se tenir fièrement aux côtés de la nourriture, de la drogue ou du sexe ; c’est une faim physique qui ne saurait s’éteindre avant que le cœur ne soit rassasié.

Enculé de Batman !

mercredi 1 août 2012

Le petit milieu de l'audiovisuel... ou pas.

Horreur !

Vous avez été démasquée.

Vous travaillez actuellement pour une agence d’hôtesses, passage obligé pour tout individu de sexe féminin pesant moins de cent-vingt kilos et ayant un jour été en quête de travail.

Par contrat, « le port de la veste est obligatoire en toute saison ». Vous passez donc vos journées à mariner dans votre malheureux tailleur, les dessous de bras comme des piscines et le visage en feu, à l’accueil d’un restaurant d’entreprise. Toujours avec le sourire, cela va de soi. Classieuse, mais dégoulinante.

Le hic, c’est que l’une de vos « connaissances » – sur un célèbre réseau social commençant par Face et finissant par Book – vous a reconnue.
Connaissance, car vous ne vous étiez jamais rencontrés ; le jeune homme en question vous avait contactée après avoir vu, par hasard, l’un de vos courts métrages sur internet. Vous ne vous étiez jamais vraiment parlé depuis.
Vous avez donc reçu un message de sa part, message vous demandant s’il s’agissait bien de votre petite personne à l’accueil de ce grand groupe de banlieue parisienne.

Inutile de dire que vous vous êtes sentie comme Peter Parker à qui l’on viendrait de retirer son masque.

Vous vous êtes empressée de répondre par l’affirmative, mais en précisant toutefois que ce n’était que temporaire, un clip et deux courts métrages vous attendant pour la rentrée. Non mais oh.
(Fichu honneur. Ne pourriez-vous donc pas vous asseoir dessus ?)

Votre ami d’internet vous a toutefois vite rassurée… Il n’est, en effet, pas premier assistant sur le tournage du dernier long-métrage dont tout le monde parle ; il n’est pas non plus acteur à succès, producteur riche et désœuvré ou même régisseur-esclave sur une émission destinée à la TNT. Comme vous, il a un travail dit alimentaire, et comme vous, il est simplement en CDD dans l’entreprise où vous officiez.

Dans la vraie vie, il veut être réalisateur.

L’honneur est sauf !

Tout de même… Vous avez trouvé ce job grâce à une amie actrice, qui travaille pour l’agence d’hôtesses en question (oui – même là, il vous a fallu être pistonnée).

Votre formatrice sort, quant à elle, de la télévision, et travaille sur des programmes courts et autres expositions de photographies.

Quant au prestataire qui vous emploie pour cette mission, c’est un ancien acteur/animateur…


Moralité, si le verre est à moitié plein : tout cela est extrêmement rassurant. Vous n’êtes pas seule.

Moralité, si le verre est à moitié vide : ON N’EST PAS DANS LA MERDE !


(Sur ce, il est l’heure d’aller rejoindre un ami réalisateur. Dans son restaurant de hamburgers, bien sûr !)